J'ai envie d'écrire mais je ne sais pas quoi vous raconter, sur quel sujet m'engager. J'ai envie d'écrire parce que j'ai un besoin de m'exprimer. Mais d'exprimer quoi ? Et que vous dire ? Si c'était à vous de me raconter quelque chose, n'importe quoi ? Une petite phrase ou un roman, je prend.
Mais j'ai envie de vous raconter.
J'ai envie de vous raconter que le ciel est bleu, que le vent souffle dans mes cheveux. Il est 8h21 et je suis au bord de l'eau, sur une plage où personne ne passe. J'ai les pieds dans le sable et mes lèvres ont un goût de sel, le soleil n'est pas encore chaud.
J'ai envie de vous raconter mon repas de ce midi. Un sandwish poulet-crudités sur un banc, avec une barquette de fraise et un verre de menthe. Les gens passent, tantôt pressés, tantôt flaneurs. Je me plais à les regarder défiler, ils ne me prettent pas attention mais savent que je suis là, seule, sur ce banc où eux aussi se sont déjà assis lorsqu'ils étaient heureux, quand ils en avaient encore le temps.
J'ai envie de vous raconter ce début d'après-midi. Dans cette salle blanche avec mon appareil photo. J'ai voulu garder quelques souvenirs, j'ai photographié le peu que je pouvais. Une salle blanche, avec trois ou quatre objets, peut-être six ou sept. Je suis incapable de vous dire pourquoi et comment je suis arrivée ici. Je crois que j'attendais quelqu'un.
Et il est venu, en fin d'apres-midi. J'ai envie de vous raconter qu'il m'a apporté un sac avec plein de petits papiers. Sur chaque papier, une phrase. Sur chaque phrase, des mots d'amour. Il m'a confié son trésor, je lui ai promit d'en prendre soin.
J'ai envie de vous raconter que ce soir là, j'ai diné sur une terasse en bord de mer avec ma meilleure amie, en regardant le coucher de soleil. J'ai été heureuse de la voir, de pouvoir lui parler en voyant le bleu de ses yeux. Comme a notre habitude, on a beaucoup rit. Et le serveur du petit restaurant dans lequel elle m'a emmené manger un soufflet a voulu nous offrir un café, j'ai rétorqué que ça nous empecherait de dormir, Monsieur a dit qu'il avait de quoi nous occuper. D'un regard complice, nous avons accepté le café et, une fois le drageur repartit à l'intérieur, nous nous sommes enfuites en courant. Sans payer, évidement. Il faudra rajouter ça à la liste des restaurants dans lesquels on ne peut plus fouttre les pieds, c'est ça d'être jolies et d'en profiter.
En rentrant chez moi, il s'était glissé sous ma couette et, sur mon oreiller, un petit mot "Je savais que tu ne voudrais pas dormir seule ce soir". J'ai envie de vous raconter que je me suis collée à lui, d'abord sans le réveiller puis finalement, c'était trop tentant, je n'ai pas pu résiter, je l'ai embrassé si follement qu'il a faillit tomber. Mais ne vous inquietez pas, je l'ai rattrapé, oh oui, je ne l'ai pas lâché.
J'ai envie de vous raconter que cette nuit a été pleine d'amour dans nos draps froissés.
Je voudrais vous raconter mes journées, pouvoir vous dire que je me suis amusée à regarder les gens passer en manger mon poulet crudités et que je prend soin du trésor qu'il m'a légué.
Je voudrais vous raconter tout ça, mais c'est impossible.
Vous savez, cette journée, je ne l'ai pas vécu.