Lui & Moi, par SMS.

Lui & Moi, par SMS.








" J'ai disséqué un coeur aujourd'hui en cours d'svt.

- J'espère que tu ne dissèqueras jamais le mien... "


# Posté le vendredi 16 mai 2008 16:05

Modifié le vendredi 19 décembre 2008 07:17

Heureusement que tu es là

Heureusement que tu es là


Quand y'a plus d'amour, tout parait vide. Les journées s'éternisent, le temps ralenti, le soleil devient brûlure, les nuages sont gris. On se sent seul, oh oui, si seul... Abandonné. Les gens sont heureux, ils ne s'arrêtent pas pour vous tendre la main, un mouchoir ou du bout de chocolat. Que dalle. Ils tracent leur route parce que pour eux, rien ne s'est arrêté. Quand y'a plus d'amour, y'a plus de chemin à suivre. Les panneaux ont disparu, le GPS marche plus. Alors on suit les autres ou on reste chez soi. Un peu des deux, parfois. Parce qu'avec les autres aussi on est seul. Y'avait que dans ses bras qu'on était bien, et ils habritent quelqu'un d'autre maintenant. C'est trop tard, c'est fini. C'est comme pour chopper une place dans le bus ou tenter d'avoir quelque chose de mangeable à la cantine : premier arrivé premier servi. Après, y'a plus rien. Quand y'a plus d'amour, y'a plus rien. Une sensation étrange, finalement. Alors on se laisse aller, on décide d'allumer la télé. On regarde les images défiler mais non, rien y fait, on ne comprend pas. La vie nous parrait étrangère. Et elle l'est. On est plus habitué à acheter un livre sans savoir que l'autre va le lire après, à passer devant une vitrine en se rappellant qu'on a toujours pas trouvé de cadeau pour son anniversaire. D'ailleurs, le notre d'anniversaire, c'est quand ? Quand y'a plus d'amour y'a plus de fête. Parce qu'on oublie tout, parce qu'on est plus soi. Qu'il nous manque une partie, un bout de notre coeur, de notre tête, notre deuxième poumon et un morceau d'intestin. Une dent, aussi. Mais ça, c'est parce que quand y'a plus d'amour on se casse la gueule. Et ça fait mal, bordel, ça fait mal. Un peu comme cette fois où... Non, à vrai dire, rien n'est comparable. Cette douleur ne s'apprivoise pas. Elle se subit, c'est tout. Chaque fois, c'est plus difficile. C'était des conneries de dire que la douleur durait deux fois plus longtemps que l'histoire d'amour elle même. La douleur ne cesse pas. Du moins, c'est ce qu'on croit. Quand y'a plus d'amour, ya plus d'espoir. On pense que sa vie est fini, qu'on ne tombera plus jamais amoureux. Alors on souffre encore plus, parce qu'on imagine l'autre dans 10 ans, marié, deux enfants, une maison et un chien dans le jardin. Ca nous parrait tellement beau tout d'un coup. Y'a même de la fumée qui sort de la cheminée. On jalouse ce "bonheur", parce que nous on pourra jamais vivre ça. Parce que quand y'a plus d'amour, y'a plus d'avenir. Et que quand y'a plus d'avenir, y'a plus de vie.



# Posté le vendredi 25 avril 2008 20:57

Modifié le vendredi 19 décembre 2008 07:17

Un amour clandestin, vous dites ?

Un amour clandestin, vous dites ?
Mais vous savez, vous pouvez m'enfermer entre ces quatres murs et couper le courant, je m'en fou. Je n'ai besoin de rien, et encore moins de vous. Vos histoires de punitions, de souffrances psychologiques ne m'atteignent pas. Non, ne me regardez pas comme ça, vous savez aussi bien que moi que c'est ce que vous tentez de faire, me détruire sans m'approcher, me blesser sans me toucher. Ca ne marche pas. Fermez les volets, ne prenez même pas la peine de m'apporter de quoi bouffer, je n'en veux pas. J'ai dit non, ne me forcez pas, j'ai dit non. C'est mes doigts dans la gorge que vous gagnerez, je sais pertinement que ça vous effraie. Je refuse de vous regarder, vos airs assassins me font pitier. Derrière votre petit jeu, je vois très bien où vous voulez en venir. Je ne vous suis pas. Je ne suis pas vous. En coupant le courant, vous pensez m'avoir foutu dans le noir. Il m'en faut bien plus que ça pour ne plus vous voir. Vous me regardez comme un homme assis à côté d'un cadavre, du sang sur les mains. C'est le mien, de sang, pas celui du voisin. Fermez la porte, vous imaginerez sûrement que je suis en train de creuver mais je vous l'ai déjà dit, je n'ai pas besoin de tout ce que vous m'enlevez pour respirer. Mon coeur est caché dans l'armoire.

# Posté le lundi 21 avril 2008 18:29

Modifié le vendredi 19 décembre 2008 07:16

Tu as beau me faire parfois souffrir, j'ai pas le choix, je n'aime que toi

Tu as beau me faire parfois souffrir, j'ai pas le choix, je n'aime que toi













J'ai les doigts congelés, le froid commence à monter au niveau de mes poignets. A force de ne pas bouger, assise sur cette putain de chaise plantée au milieu du salon, j'ai une douleur le long de la colonne vertebrale. Et j'ai beau t'harceler, t'envoyer des sms ça me fait mal, ça me bousille, tu comprends ? Que tu sois pas là, que tes réponses soient brèves, la façon dont on s'est quitté, tout ça. Je ne supporte pas d'être loin de toi, je ne supporte plus. On dit qu'il y a toujours le dominé et le dominant et merde, cette fois-ci, tu me domines largement. J'ai envie d'hurler, de frapper mes poings contre les murs. Je sais bien que ça ne changera rien, c'est pour ça que je me retiens. Mon chéri, mon petit amour, espèce d'enfoiré, je ne sais plus comment t'aimer. Pourquoi à chaque fois que tu n'es pas là, je ne suis plus moi, je ne suis plus rien ? Tu es partout, à chaque recoin quelque chose me fait penser à toi. Tu es tout. Mon univers, mon oxygène. Ce genre de conneries habituelles. Mais cette fois c'est pas pareil. Je perd patience, je suis fatiguée de t'attendre. Que fais-tu ? Est-ce que tu penses encore à moi ? J'ai balancé mon portable dans la cuvette des toilettes. J'ai plus le courage de faire face à tes mots sur un écran, j'ai pas le cran. Mais dis, tu comprends que c'est de l'amour dans la face que tu te prends, de l'amour à l'état pure, en noir et blanc, sans fioritures ? Hein, tu comprends ? J'ai plus le temps, là, j'en ai déjà trop perdu. Tu sais bien que je ne suis pas ponctuelle pourtant. Peut-être que tu aimes ça, si ça se trouve. Savoir que je me languie derrière la porte en attendant que tu l'ouvres. Savoir que je suis là, qu'il n'y a que toi. Oui, je suis sûre que dans le fond, ça te plait. A moi aussi, ça me plairait. Savoir que tu m'attends avant de fermer les yeux, avant de t'endormir. Savoir que toi aussi, ça te fait un peu souffrir. Mais j'ai pas le choix, moi, je suis le dominé. Je t'aime à m'en étouffer. A l'amour, à la mort.

# Posté le samedi 22 mars 2008 19:20

Modifié le vendredi 19 décembre 2008 07:13

C'est la vie, pas le paradis.

C'est la vie, pas le paradis.



La vie est une salope, c'est bien connue. Elle te fait découvrir des petits bonheurs quotidiens, les dessins des nuages et un chocolat chaud en écoutant la pluie qui frappe sur la vitre, un bisou dans le cou, un mot, un frisson, toutes ces choses qui te réchauffent le coeur, qui te font sourire. Et paf, tu t'éclates les dents contre le bitume. La roue tourne, comme on dit. Du sang coule de tes lèvres, tu t'es cassé une incisive et ton jeans est troué.


Et pourtant tu pourrais très bien le foutre dans la machine ton jeans, non tu vas le garder, la preuve que t'en as bavé. Faut le montrer aux autres que toi t'es pas une ratée. Tu trouveras des pansements dans la boite à pharmacie mais t'éviteras de te regarder de trop près dans la glace, la vie elle te laisse de sacrées traces. C'est pas jolie-jolie, mais au moins tu ne subis plus, c'est toi la reine comme on dit, c'est toi qui use de tes envies. Commande toi un truc à bouffer, on dirait que tu resaignes du nez.



Ca doit bien faire 5 minutes que t'es étalée sur le ventre et personne n'a bougé. Les gens sont pressés, tu comprends, ils n'ont pas que ça à faire, te tendre la main c'est impossible, ils louperaient leur train. Et pourtant ils te regardent en se disant bêtement que ça n'arrive qu'aux autres : il y a ceux qui sont là pour en chier, ceux qui sont heureux... Et ceux qui vont voir des psy. Pour ça, il faut avoir le temps. Et ça fait déjà bien trop longtemps que tu leur fais le spectacle tel un animal en cage. D'ailleurs si t'avais su, tu les aurais fait payer. Même la merde peut rapporter.


De quoi tu as peur? Il sera là, assis, il t'écoutera sans trop poser de questions ou alors un baratin habituel. Mais j'te jure qu'il t'écoutera, il a appris à faire ça. C'est pas automatique, c'est pas dans la nature de l'homme en vérité, d'aimer écouter les plaintes des autres, sérieux, vous vous prenez pour qui? Et puis, tu lui tourneras le dos, ses yeux ne seront pas aussi blessant qu'un couteau, et ton dos il en a recu des couteaux. Alors vasy traine ton corps jusqu'à son bureau, ouvre la bouche et hurle s'il le faut "Docteur, monsieur, merde espece de salop, j'ai besoin de vous parler, les gens ne savent pas écouter" .


En attendant, tu te relèves. C'est pas tout mais il faut s'y rendre dans ce putain de cabinet. T'as mal au genoux et le bout de dent qui s'est peté est allé s'enfoncer dans ta lèvre inférieure. Tu marches le long de cette avenue pleine de déchets où les gens sourient quand même. Tu traines et te rappelles tes journées passées sur ce banc en bois, du temps où quelqu'un avait encore sa main dans la tienne. "Souris à la vie et la vie te sourira", tu parles. En attendant elle s'accroche à tes chevilles et t'as beau essayer, sourire, c'est plus possible. Pas avec ce trou en plein milieu de ta dentition et ce sang en guise de rouge à lèvres.


Sur le chemin tu vois de tout mais tu ne vois rien. Tu vois des amoureux mais au final tu ne vois que deux personnes ayant un besoin vital d'échanger leur salive. Tu vois des bêtes dans le ciel, tu les vois voler, mais tu ne vois pas leur liberté. Il y a longtemps que tu as arrêté de t'intéresser aux gens, leurs apparences te suffit. "On m'a dit que c'est trop court une vie" et le psy a souri. "Et c'est parce que c'est court que?" "Que j'en suis dépendante, que c'est la mienne et celle de personne d'autre. Vous comprenez, j'ai plus le temps."





Mrs Houna & Eva T.


# Posté le lundi 11 février 2008 16:12

Modifié le vendredi 19 décembre 2008 07:12