Nos nuits sont blanches



On devrait être prévenu de ce qui nous attend quand notre coeur s'emballe pour la première fois. Expliquer certaines notions. Pourquoi, quand sa main frole la notre, on se sent bien. Pourquoi, quand il nous regarde, on sourit. Pourquoi, quand il y a son souffle dans notre cou, on frisonne. Pourquoi, quand ses lèvres effleurent les notres, on se sent pousser des ailes. Tout ce bonheur qui nous envahit. Cette dépendance qui s'installe, peu à peu.
Comme un môme qui a besoin de sa mère ; c'est ce qu'il dit.

Y'a pas d'héros pour sauver le monde, on a donc décidé de le refaire à notre façon. Coeur contre coeur. On s'est égratiné les mains et écorché les genoux lors de certaines chutes, on s'aidera à se relever mutuellement. Notre univers est beau, du moins, c'est ce qu'on laissera parraître même s'il y naitra parfois quelques séquelles. Il y en aura, c'est évident. Mais on s'en sortira toujours, maintenant qu'on est ensemble.
Embrasse-moi.

On se crée des voyages impossibles à raconter, à partager. Ce n'est pas que nous n'en avons pas envie, mais... Si, finalement, nous n'en avons pas envie. Nous sommes des égoïstes, nous vivons pour nous. Il faut savoir garder, parfois. Il y a nous, puis le reste. Il n'y a que nous.
Embrasse-moi encore une fois.

C'était une évidence, au fond. Une évidence pas si évidente que ça au départ, mais une évidence quand même. Nos corps sont faits pour s'emboiter parfaitement, les pièces de puzzle correspondent. Ca ne sera pas quelqu'un d'autre. Ca ne collera pas pareil. Pas aussi bien. Enormement de choses nous rapprochent. Mais pas tout : 3h nous séparent. Dans la vie.
Viens me rejoindre sous la couette.

Un jour, je lui ai dit. Je t'aime. Pour de vrai. Je m'étais promis de ne plus tomber amoureuse. Je me suis trahie. Ca fait du bien. Du mal peut-être aussi. Je n'ai pas hésité à prendre tout ce que je pouvais prendre, tout ce qu'il me tendait. Donner, c'est plus difficile. Plus risqué. Il sait maintenant que quand je donne, je donne tout. Je n'ose pas lui dire que je ne peux plus partir. Finalement, sans l'autre, on est pas grand chose.
Il n'y aura jamais d'overdose.




Nos nuits sont blanches

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 18:49

Modifié le mercredi 28 janvier 2009 17:48

Oublie de gerber et laisse moi te rejoindre dans les draps.

Oublie de gerber et laisse moi te rejoindre dans les draps.

On survit comme on peut en s'accrochant à des détails, des bouts de sourires et des éclats de rires. On s'y retient pour ne pas se rendre compte de la médiocrité du monde dans lequel on vit, de ce qu'il y a autours de notre bulle. La merde est unviserselle, sachez le. On ingurgite des tonnes de mots, on se rassure, on se serre pour se tenir chaud. Et tout s'accélère, on finit par ne plus se rendre compte. On devient égoïste. Oui, ce qu'il se passe chez le voisin, qu'est-ce qu'on en a à foutre ? De temps en temps, on ne sait pas bien pourquoi, on passe la tête par la fenêtre. Mais il fait froid, on claque des dents. On retourne au chaud et on se remet à rire. Cette fois, qui ira le plus loin ? Qui ira se coincer les doigts au fond de la gorge pour oublier ? Se cacher dans les draps, ceux qui portent les plis de la nuit dernière ? Qui ira s'enfermer dans le noir ? Manger jusqu'à en avoir des maux de ventre ? Des maux tout court. A bout de force, on finit par se rendre malade et à vouloir attraper la première main tendue. Main qui n'existe plus. Esperer, puis chialer. Et regarder par la fenêtre, les yeux bouffis, ce couple, en bas, qui s'embrasse. Cet homme assis sur le banc près de ces deux mômes qui jouent ensemble. Cette vieille femme qui donne du pain aux pigeons. Et se souvenir. On était pas si mal quand on était pas seuls, finalement...
Fermer les yeux, respirer un coup et leur balancer à la gueule la télévision en la passant par la fenêtre.

# Posté le vendredi 26 octobre 2007 16:56

Modifié le mercredi 28 janvier 2009 17:46

Ses draps s'en souviennent





C'est son souffle dans mon cou et ses doigts le long de ma colonne vertébrale.




C'est tous ces instants, chaque heure, chaque seconde, chaque souffle partagé. Les coeurs qui s'embalent, qui se cherchent. On se bousille les lèvres à force de s'embrasser, la passion les abîme. Nos ongles se cassent à trop s'aggriper, à trop s'accrocher. Ne surtout pas se laisser, ne surtout pas s'éloigner. Les yeux ne savent parfois plus où se poser, on se cherche, se trouve, se cache. C'est tous les membres qui s'éveillent, le moindre millimètre de nos corps qui vibre. Les pulsations cardiaques guident nos pulsions, le sang qui circule dans nos veines allimente nos envies. On se drogue comme on peut à coups de bonheur. Entre soupirs et sourires, on tente de vivre.




C'est ce mélange de cheveux bruns et roux qui parsèment les draps froissés.






Coin lecture

" - Ca ne durera peut-être pas longtemps, peut-être que Clara est en train de faire son brouillon de l'amour... hein, Julie... qu'est ce que tu en penses ?
On entend Paris dormir. L'index de Julie boucle rêveusement une mèche de mes tifs.
- L'amour ne fait pas de brouillon, Benjamin, tu le sais très bien, c'est chaque fois du propre, directement.
(C'est du propre, oui...)
- Et puis pourquoi veux-tu lui souhaiter de ne pas aimer le type qu'elle épouse ?
(Parce qu'il a soixante balais, merde, que c'est un maton-chef, un cul-béni, qu'il en a baisé et largué d'autres avant elle !) Aucune de ces réponses n'étant recevable, je les garde pour moi.
- Tu sais que tu vas finir par me rendre jalouse ?
Ce n'est pas vraiment une menace, Julie dort à moitié en disant ça.
- Toi, je t'aimerai toujours, dis-je.
Elle se retourne contre le mur, et elle dit seulement :
- Contente-toi de m'aimer tous les jours. "


La petite marchande de prose Daniel PENNAC


Ses draps s'en souviennent

# Posté le vendredi 05 octobre 2007 15:40

Modifié le mercredi 28 janvier 2009 17:45

De tous les "je t'aime", combien sur Terre sont sincères ?

De tous les "je t'aime", combien sur Terre sont sincères ?


Bien sûr que je me protège. Allez balancer des mots d'amour à tout va ne mène a rien, c'est s'ouvrir sans rien pouvoir recoudre. On doit se crever le coeur pour laisser s'écouler ce qu'on ressent, prouver que les sentiments sont réels. L'amour n'a rien de réel, c'est au dessus de toutes ces conneries. Je préfère vivre dans ce semblant de protection, ce cocon qu'on se construit petit à petit, que survivre dans cette inhumanité. Je refuse de me justifier face à mes sentiments. Personne ne peut savoir ce que je ressens pour lui, ce qu'il peut représenter à mes yeux. Vous crachez à la gueule tout ce que je peux vivre dans ses bras n'aura aucun sens dans votre esprit. Vous n'êtes pas concerné. Vous hurler ce que je pense au fond de moi à son sujet ne me plait pas. Ceux qui peuvent comprendre n'ont pas besoin de ce dégoulis d'amour qu'on voit maintenant partout. Je t'aime je t'aime je t'aime... Et puis quoi ? Rien. Ces mots sont trop simples et trop utilisés, ils ont perdu tout leur sens. C'est tellement plus poignant de le prouver, de le décrire, tout cet amour qui grandi en nous, qui fera exploser nos veines à coups de pulsations cardiaques. Mais sans "je t'aime", personne ne comprend. Si on ne le hurle pas à s'en déchirer les cordes vocales, c'est qu'on aime pas.











Alors je ne l'aime pas... C'est bien pire que ça.

# Posté le mardi 25 septembre 2007 17:29

Modifié le mercredi 28 janvier 2009 17:43

19

Il est 14h37, je viens de lui envoyer un message.
Je glisse mon portable dans ma poche de jean, je prend mon sac et, doucement, je sors de l'appart.
En descendant les escaliers, j'ai le coeur qui s'accelère. Hallucinant. Arrivée au passage piétons, les voitures arrêtées, je traverse. Une vieille dame me regarde, sûrement à cause du mélange damier / rayures que j'ai fait, vestimentairement parlant. Je trace, remonte le parking, mon coeur ne s'est toujours pas calmé. Je rentre dans C&A et passe devant le rayon sous-vêtement, ce qui me fait sourire parce qu'ils vendent encore l'ensemble que je porte sur moi. J'arrive dans les galeries et file vers Carrefour même. C'est drôle, ça semble vide, les gens sont en vacances. Mon coeur bat tellement que j'ai l'impression qu'il va sortir de ma poitrine.
J'arrive au rayon livre et, comme à mon habitude, je regarde les titres. Il y en a un qui m'intrigue, Acide sulfurique d'Amélie Nothomb. Une putain de couverture. Je lis le résumé, la première ligne du roman ainsi que la dernière et une que je prend au pif, au milieu du livre. Je décide de commencer à le lire et je m'assoie par terre. Je n'arrive pas à me concentrer, je lève les yeux dès que quelqu'un s'approche. Une dame s'avance vers l'endroit où je me suis posée, je commence à me relever et elle me dit de ne pas bouger. Le problème, c'est que je n'aime pas la proximité qu'il y a entre elle et moi et pourtant, je ne bouge pas, je retourne dans le livre. Je sens mon coeur battre jusque dans ma tête. Arrivée à la fin de la première page, je me rend compte que je suis incapable de me souvenir de ce que j'ai lu. Je m'y remet, décidée à ne plus me laisser distraire.
" Coucou ". Tiens, c'est marrant, ça ressemble à... Je détourne les yeux de mon livre et mon regard se pose sur ses chaussures. Mon coeur explose. Et la dame de tout à l'heure nous regarde nous éloigner.
On va au rayon Nutella... Mais, c'est tout petit ?! Tant pis, la photo sera pour une autre fois.
Direction Claire's. J'achète des bracelets identiques à ceux que j'ai déjà, mais dans d'autres couleurs. C'est un peu de sa faute. Un peu.
Un tour à Pimkie, très très vite, juste pour avoir la conscience tranquille : je n'ai pas menti à ma mère, j'allais bien faire les magasins.
Nous voilà dans l'herbe, cachés derrière les immeubles.
" Tu me donnes un bracelet ? ". Voilà, un bracelet noir qui s'envole de mon poignet au sien. J'avais promis. Comme d'habitude, il faut que je critique : qu'est ce que j'vais bien pouvoir faire des bracelets blancs ? " Bah... T'as qu'à m'en donner un =D ". Qu'est ce que vous voulez, j'peux pas résister à ça, moi. Allez, tiens, un bracelet blanc. Le noir ne se sentira pas seul, comme ça.
Ce qu'il s'est passé après, ça reste entre nous. Il y a des choses tellement puissantes qu'on n'a pas envie de les partager, de peur que ça les détériore.
" Oh, un stylo noir ! " , " C'est mon préféré !". Il me tend le bras " Tu m'écris quelque chose ?" , "Comme les mômes ?". J'ai toujours eu une écriture de merde en écrivant sur la peau. Encore plus quand c'est sur la peau des autres. Et allez, pendant qu'on y est... " Tu m'en fais un aussi ? ". Le stylo se balade sur mon ventre et ça me fait rire " Arrête, ça me fait bouger ! ". J'essaie de me concentrer sur quelque chose, je pense à ce surnom, Prince Charmant... Les initiales donnent P.C., et ça me fait marrer. On rigole, sûrement parce que c'est pitoyable, mais on rigole. Et ça fait du bien.
L'après-midi se termine. Déjà. Ce n'est jamais assez long.
Comme d'habitude, il y a cette ligne jaune au sol que je ne dépasse jamais quand il s'en va parce que je sais que si jamais je le fais, je partirai avec lui.
On a toujours du mal à se quitter, je crois que c'est normal, et on tente de grapiller quelques instants de plus.
Il s'éloigne, et je n'arrive pas à décoller mes yeux de lui. Il marche de travers et ça me fait marrer. Je l'appelle, il ne sent même pas son téléphone vibrer et moi, je laisse un message sur son répondeur bidon, ouais, y'a pas d'autres mots.
Une fois que je ne le vois plus, je rentre. Sur le chemin, mon portable sonne et, en décrochant, je l'entend rire.

C'est plus tard qu'on comprit que ça n'était que les effets d'une overdose.
Dis, on se refait un voyage ?




19

# Posté le mardi 21 août 2007 17:24

Modifié le lundi 19 janvier 2009 15:01